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Le pouvoir illusoire attribué au tarologue

 
Je suis une briseuse d’illusions

Le pouvoir qu’on attribue au tarologue est souvent un miroir aux alouettes : il séduit, fascine, rassure… mais peut aussi tromper.
Derrière cette quête de vérité, il y a l’espoir d’entendre son futur dans la voix d’un inconnu qui va nous guider, voire nous sauver d’une catastrophe imminente.

Ce que j’ai observé… et vécu

Il y a une quinzaine d’années, lorsque je commençais à lire le tarot sans encore y associer les pratiques somatiques, j’ai remarqué quelque chose :
les gens me regardaient avec un mélange d’attente et de fascination, comme devant un film à suspense.

— « Elle voit peut-être quelque chose… On ne sait jamais ! »

Cela m’a interpellée.
Car moi aussi, quelques années auparavant, sans rien connaître au tarot, je m’étais laissée prendre au piège.
Une liseuse de cartes — borgne, j’imagine ! — m’avait indiqué la voie à suivre pour ma vie sentimentale.
Je suis sortie de la séance plus perdue encore.

Par la suite, j’ai commencé une psychanalyse et appris le tarot.
Cette image de la tarologue toute-puissante, directive, aveuglée par ses certitudes, entrait en profonde contradiction avec mes principes éthiques.

Alors je me voyais briser laborieusement leurs illusions, ramer tant bien que mal pour les ramener à la réalité de mon approche psychologique et créative, dans la lignée de A. Jodorowski et de M. Costa.

Je les voyais peiner à dissimuler leur déception, hocher la tête, dire :
— « Oui, oui, je sais bien… savoir l’avenir ne m’intéresse pas, bien sûr ! »

Vers une expérience vivante et incarnée

Avec le temps, j’ai affiné ma pratique.
Je me suis formée à The Embodied Life (La vie incarnée), un programme qui intègre la méditation zen, le Focusing et la méthode Feldenkrais.
Cette formation a enrichi mon accompagnement, en l’ancrant davantage dans l’expérience vécue et l’écoute du corps.

Le tarot, tel que je le conçois, doit provoquer un mouvement intérieur, un geste poétique et émancipateur.
Je le vois très concrètement chez les personnes que j’accompagne : cela n’advient que lorsqu’il y a un retour à soi, une écoute fine de ce qui vibre, un accueil sincère de ce qui les traverse.

Il est essentiel que la personne soit guidée vers sa propre souveraineté, dans le respect de son intégrité.

Prétendre savoir à la place de l’autre serait présomptueux.
Pourtant, dans le monde du tarot, nombre de praticiens tombent encore dans ce piège.

Le tarologue, par sa connaissance, son expérience et son niveau de conscience, peut éclairer, oui — mais c’est à chacun d’en faire un chemin personnel.

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